mercredi 2 mars 2011

Une controverse qui ne date pas d'hier

De nos archives - Ce mardi la controverse était à nouveau vive au Parlement. La question était de savoir si oui ou non les fours crématoires livrés par la FN (Herstal) ont été utilisés par le régime nazi à des fins d'extermination.

Les flamingants n'ont toujours pas digéré le choix de Berlin comme ville hôte du Mur, au détriment de Bruxelles, et causent des remous politiques qui fragilisent le gouvernement. N'ayant pas encore BHV sous la main pour détourner l'attention, le Premier Ministre a sorti la Question Royale de sa manche jeudi dernier. C'est dire si cette controverse autour de la FN tombe mal pour un gouvernement à court de diversions communautaires.

Pour les syndicats, le débat n'a pas lieu d'être: La licence a été accordée conformément aux critères du Benelux. Le régime nazi présentait tous les gages de stabilité lors de la signature du contrat.

En toile de fond, des craintes pour l'emploi: Il ne faudrait pas qu'à la Shoah vienne s'ajouter une Shoah sociale. La FN c'est beaucoup d'emplois. Et puis, si on n'avait pas construit ces fours, le contrat serait allé aux Italiens, qui s'apprêtaient à signer une commande de fours à pizza (au feu de bois) géants avec le NSDAP.

A propos du refus de l'Angleterre de livrer une commande similaire: Ouais, ben les bombes que les Fritz ont balancé sur Londres, elles venaient de chez nous aussi, et ça, aujourd'hui c'est de l'emploi pour le secteur de la construction. Faut arrêter l'angélisme: les armes ça crée de l'emploi. Ils feraient mieux de nous remercier les Rosbifs, au lieu de donner des leçons.

Côté gouvernemental, on se veut rassurant: J'ai demandé à notre ambassadeur à Berlin d'enquêter sur l'utilisation des fours. S'il s'avère qu'il y a rupture du certificat d'usage final, une plainte sera déposée à la Communauté du Charbon et de l'Acier.

Du côté des victimes, on pleure ses morts.

mardi 1 mars 2011

Opération Shebarc-en-ciel

Nous avons tous un souvenir similaire caché dans les tiroirs de notre enfance. Peu importe comment la scène a commencé, son dénouement est gravé dans le marbre:

- Adulte: Tu ne termines pas tes tripes à la bavaroise sur leur lit de choux-rouges marinés?
- Enfant: Mais j'aime paaaaa
- Adulte: Allez, fais pas tes manières: en Afrique, y'a des enfants qui meurent de faim!

A ce stade, 90% des enfants grommellent dans leur tête qu'on n'a qu'à envoyer leur assiette de tripes à la bavaroise sur leur lit de choux-rouges marinés en Afrique. Les 10% restants le disent tout haut et se prennent une mandale. L'adulte explique alors à l'enfant boudeur que le temps que son assiette arrive en Afrique, les tripes auront tourné et seront devenues immangeables. En général, cet argument massue ruine les derniers espoirs de l'enfant dépité. Qui se prend une deuxième mandale s'il objecte que les tripes en question sont déjà immangeables.

Aujourd'hui, grâce à l'Opération Shebarc-en-ciel, les enfants peuvent enfin réaliser leur rêve et devenir des acteurs de la solidarité Nord-Sud.

Le principe est simple: les bénévoles de Shebarc-en-ciel récoltent vos denrées périssables, de préférence vos restes de repas. Ces restes sont ensuite acheminés dans nos centres de collecte et redistribués à des mémés à chats en échange de boîtes de Sheba. Ces boîtes de Sheba, conditionnées sous atmosphère protectrice et riches en protéines, vitamines et oligo-éléments divers, sont acheminées vers l'Afrique et distribuées aux petits nécessiteux.

Derrière cette simplicité apparente, se cache un projet longuement mûri, réfléchi dans ses moindres détails. En effet, indépendamment de la logistique déployée dans les centres de collecte, il fallait s'assurer de la qualité des produits distribués, aux chats comme aux enfants.

Côté félin, le délicatesse des animaux, et le raffinement de leur régime a nécessité la mise en place d'une base de données complexe afin d'éviter les maladresses dans la distribution. Nous ne voudrions pas que princesse reçoive du stoemp saucisse, alors qu'elle ne supporte que les plats préparés au four...

Côté enfants, il fallait éviter de tomber dans le colonialisme humanitaire. La nourriture pour chiens a été écartée pour des raisons symboliques évidentes, bien que les croquettes Pedigree Pal Junior contiennent tous les nutriments nécessaires à une croissance harmonieuse, en plus de renforcer les dents. A l'inverse, le chat jouit d'une excellente image dans nombre de cultures. En Egypte, qui accueilli la phase pilote du projet, le chat est même divinisé. Quel meilleur moyen de motiver les enfants à terminer leur assiette que leur faire partager la nourriture des dieux?

Pour autant, la dimension diététique n'est pas en reste. Par exemple, chaque barquette de poulet contient: viande et sous-produits d'origine animale (dont 4 % de poulet et 4 % de filet minimum), céréales, minéraux.
Un équilibre sain, qui n'empêche pas de varier les plaisirs et de goûter aux joies de la gastronomie grâce à une palette de goût variée: poulet, dinde, boeuf et même lapin. Le tout sans sucre ni colorant.

Grâce à Shebarc-en-ciel, vous évitez le gaspillage, vous luttez contre la faim dans le monde, et vous offrez aux chats le régime équilibré de plats faits maison qu'ils méritent.

Pour dire je t'aime.

mardi 22 février 2011

Regard cosmopolite emprunt d'humanisme

Dans un récent billet, mon estimé collègue AL expliquait que nos origines respectives entraînaient parfois des différences de points de vue: lui, Wallon ayant séjourné à New York, trempe sa cougnole au marcassou dans du café Starbucks, alors que moi, Bruxellois demi-vietnamien, je mange mes frites de la Place Jourdan avec des baguettes.

Ici à Bruxelles, on voit les choses avec un peu plus de recul. Toutes ces questions communautaires semblent d'autant plus dérisoires que nous côtoyons un cocktail riche de tant de cultures différentes qu'il ferait passer un double Long Island pour de la Spa Reine.

Nous posons sur nos voisins du Nord comme du Sud un regard dépassionné et bienveillant. Un regard affranchi des préjugés et du nombrilisme grâce aux expériences humaines et la diversité culturelle nés du cosmopolitisme de notre ville-région multi-capitale.

C'est ce regard que je vous livre ici, dans l'espoir d'aider les Belges à se comprendre en dépit de leurs différences. Un bras tendu pour la réconciliation.

Les Flamands sont des gens adorables sous bien des aspects. Bon d'accord, ils font une petite fixette sur "l'oppression francophone" qu'ils auraient subie par le passé, mais tant qu'on aborde pas ce détail de l'histoire, la conversation peut se poursuivre tranquillement autour d'une Westmalle.

Petite parenthèse, c'est sans doute le spectre de cette oppression qui a favorisé la création d'un lobby flamand, qui s'est ramifié et a étendu son influence à toutes les sphères du pouvoir en Belgique. Vous avez remarqué le nombre de postes-clés occupés par des Flamands? Premier Ministre, Ministre de la Défense, et j'en passe. A une époque, ils ont même infiltré les instances wallonnes pour multiplier les affaires et saper la bonne gouvernance. Vous je sais pas, mais moi, je trouve que Van Cauwenberghe, c'est pas un nom qui flaire bon le fromage de Herve. Heureusement, en cas de doute, on peut toujours les reconnaître à leur nez crochu.
Willy Vandersteen (auto-portrait)
Autre détail qui vous aura peut-être échappé: le Flamand est radin. Tout ce tintouin autour de la responsabilisation des entités trucmuche, au fond, c'est jamais qu'un écran de fumée pour garder leurs euros.

Ce sont aussi des usuriers sans scrupules, guidés par un féroce appât du gain. Certaines sources affirment d'ailleurs que si la NVA veut la séparation du pays, c'est pour que les transferts de fonds entre entités soient remplacés par des prêts dont les taux feraient rougir un banquier, même flamand. Évidemment, le lobby flamingant use de toute son influence pour étouffer dans l'œuf toute velléité d'enquête et s'assurer que l'information reste cachée du grand public.

Les Flamands croient à tort que les Wallons sont paresseux, alors que ce sont juste de grands enfants. De grands enfants qui ont le sens de la fête et le rythme dans la peau, comme on peut le voir à chaque carnaval.

On peut reprocher au Wallon une certaine nonchalance. C'est parce qu'il n'est pas encore entré dans l'Histoire. Du coup, côté bonne gouvernance c'est pas trop ça. Mais il faut dire qu'après la fédéralisation, et le départ du pouvoir central, les chefs ruraux ont eu le champ libre pour faire main basse sur les ressources naturelles de la région (gisements d'intercommunales, et aide humanitaire flamande).
Le carnaval de Binche

Les prouesses sportives du Wallon sont légendaires. C'est qu'à l'instar du rythme, le Wallon porte le talent sportif dans ses gènes. On peut d'ailleurs le voir déambuler en training à toute heure de la journée. Echauffement? Préparation mentale? Lui seul le sait. Une chose est sure : quand il rentre chez lui pour jouer à FIFA 2011 en ligne, il bat tous les records, qu'il avait pourtant établis lui-même la veille.

Le Wallon a su rester bon vivant et accueillant. Sous des dehors frustes, il a su rester en contact avec la terre et garder la simplicité des vraies valeurs. Il a sans doute beaucoup à nous apprendre, à nous, les citadins soi-disant "civilisés" (à condition de s'accommoder du bruit et de l'odeur).

Vous voyez, avec un peu de bonne volonté c'est pas si difficile de se débarrasser des préjugés.

L'important, c'est de ne pas ranger les gens dans des catégories toutes faites.

lundi 14 février 2011

Marie-Rose Morel, la priorité de cette Flandre-là

La Flandre a donc enterré en grandes pompes Marie-Rose Morel, ex-miss, ex-femme, ex-mère et accessoirement, ex-membre du Vlaams Belang, parti condamné par la justice pour son discours ouvertement raciste et xénophobe. Bart De Wever, l'homme politique le plus populaire du pays, fort de 780.000 voix de préférence, était présent aux obsèques, les yeux inondés de larmes d'une touchante sincérité. Il y a même prononcé un discours de plus de 10 minutes.

L'hommage, s'il laisse pantois au sud du pays, ne restera pas lettre morte au nord. Comment immortaliser la belle fasciste ? Faut-il lui remettre une médaille posthume pour services rendus à la nation (flamande) ? Doit-on prêter son nom à une rue, une place, une salle des fêtes ? Serait-il raisonnable de la canoniser ? Aura-t-elle droit à une stèle à Dixmude, auprès du symbole de la lutte nationaliste (flamande) ?

Encore sous le choc, débordée par ses émotions, cette Flandre-là peine à offrir à sa nouvelle égérie le cadeau d'adieu qu'elle mérite. Heureusement, solidarité fédérale oblige, je me sens l'âme à prêter mes talents créatifs à mes plus proches voisins. Mes chers amis, ne vous emmerdez pas à dédier à Marie-Rose Morel une vulgaire plaque de rue. Allez au bout de vos idées. La régionalisation de la sécurité routière a toujours été l'une de vos revendications les plus... heu... originales. Poussez donc la réflexion un peu plus loin (à droite) et régionalisez carrément le code de la route. La voie vous sera alors toute tracée pour offrir à votre Mère Teresa locale l'éloge éternel. Assumez une bonne fois pour toutes en lui consacrant une initiative digne de son combat politique : soyez les premiers à appliquer sur vos routes le principe de la priorité d'extrême-droite.

Le concept peut paraître un peu complexe au premier abord. Mais avec un minimum de pratique et la persévérance qui vous est propre, vous devriez pouvoir vous adapter sans trop de problème. La priorité d'extrême-droite, finalement, c'est assez logique. Avec cet aménagement du code de la route régional, chaque carrefour retrouvera pleinement son caractère profondément flamand. Désormais, lorsque plusieurs véhicules se rencontreront à un croisement, ce sera toujours l'usager provenant de la droite qui aura la priorité. La nouveauté, avec la priorité d'extrême-droite, c'est que le véhicule prioritaire sera dorénavant celui qui se trouve en dernière position dans la file qui vient de votre droite. Au croisement, la dernière voiture aura donc le droit de dépasser toutes les autres afin de prendre sa priorité. Une légère période d'adaptation sera peut-être nécessaire. Mais au moins, vous pouvez être certains qu'à chaque fois qu'un de vos compatriotes se retrouvera à un croisement, il aura une pensée émue pour la martyre de la cause flamingante trop tôt disparue.

Et comme je fais rarement les choses à moitié, je vous ai même déjà dessiné votre nouveau panneau de signalisation. Alors, merci qui ?


samedi 12 février 2011

Depuis qu'on a scindé BHV

1er janvier 2012. Mon journal intime.

Depuis qu'on a scindé BHV, ma vie est bien meilleure. Je n'y aurais jamais cru, mais je dois bien avouer que les thèses flamandes m'ont changé la vie. Ils avaient donc raison. Depuis qu'on a scindé BHV, la justice fonctionne mieux et les magistrats se félicitent des moyens qui leur sont alloués. Le pays résorbe enfin son déficit et peut envisager sereinement un refinancement des communautés et régions. La Communauté française annonce l'engagement de 2.000 nouveaux enseignants et, déjà, nos écoliers ont gagné 10 places dans l'enquête Pisa.

Depuis qu'on a scindé BHV, la Région wallonne dispose de moyens suffisants pour reboucher les trous sur les autoroutes. Comme il restait un petit surplus de quelques millions, Wallons et Flamands se sont accordés pour faire passer le Ring Est à 3 bandes, ce qui a sensiblement fluidifié le trafic pendant les heures de pointe, faisant passer le trajet Waterloo-Tervueren de 2h30 à 25 minutes le lundi entre 7 et 8h. De toute manière, pratiquement plus personne ne prend sa voiture pour aller travailler puisque la scission de BHV a permis de donner un coup d'accélérateur inattendu au projet de RER. Comme en parallèle, la SNCB réalise désormais des bénéfices plantureux, du nouveau matériel roulant a été mis à disposition des navetteurs, doublant le nombre de passagers quotidiens sur le chemin de fer.

Depuis qu'on a scindé BHV, la Sécurité Sociale se porte tellement bien que les soins dentaires sont devenus gratuits. Nos hôpitaux ont acquis un tel niveau d'excellence qu'ils attirent les plus grands professeurs de Suisse et des Etats-Unis, grassement rémunérés depuis que l'INAMI a fait son entrée fracassante sur Euronext, pulvérisant le record du plus gros dividende jamais versé à un actionnaire privé. Maintenant que l'INAMI a racheté Total, Google, Nokia, et s'apprête à prendre une participation dans Apple, les Mutuelles n'organisent plus pour les enfants de leurs affiliés des vacances annuelles à Lloret de Mar, mais des vacances mensuelles à Dubai, Hawaï ou Monaco.

Depuis qu'on a scindé BHV, j'ai senti une énorme différence dans mon portefeuille : mon salaire net mensuel a augmenté de 1.000 euros, j'ai remboursé mon emprunt hypothécaire et j'ai même prêté de l'argent à ma banque pour qu'elle finance une campagne d'éradication du Sida en Afrique centrale. Il ne reste plus que quelques centaines de malades à soigner et on pourra enfin se réjouir d'avoir, en quelques mois à peine, vaincu le mal du siècle.

Depuis qu'on a scindé BHV, je travaille 4 heures par jour, je n'ai plus de douleurs chroniques à l'estomac, je cours 20 kilomètres tous les soirs. Ma peau est moins sèche, je n'ai plus un seul cheveu gris et j'ai perdu 5 kilos, ce qui met en évidence ma superbe ceinture abdominale. Je fais des pompes sur un bras, et aussi sur l'autre bras. J'ai grandi de 4 centimètres, ma scoliose n'est plus qu'un lointain souvenir et je ne dois plus porter de lunettes. Ma bite a pris 2 centimètres et demi de longueur et 1 bon centimètre de diamètre en plein effort.

Depuis qu'on a scindé BHV, je ne fais plus de fautes d'orthographe, je lis Gunter Grass dans le texte et j'ai repris des études de droit.

Franchement, je n'aurais jamais cru en arriver là, mais je dois bien le reconnaître : amis flamingants, vous aviez raison. Merci. Hartelijk bedankt.

vendredi 11 février 2011

Les filles nous informent: Attention, le cancer, c'est mal

Vous avez sans doute vu passer comme moi ce viral débile: les filles mettent en statut Facebook un nom de boisson qui correspond en fait à leur situation amoureuse. Le but: éveiller la curiosité des hommes, curiosité qui les poussera bien tôt ou tard à laisser un commentaire. Le pauvre malheureux se verra alors envoyer l'explication via un message "personnel" (je mets des guillemets, c'est Facebook quand même).

Le message en question explique que, houlala, le cancer du sein, y'en a de plus en plus, et que, mince les filles, il fallait faire quelque chose pour conscientiser, point d'exclamation et mots-clés en majuscules.

[Petite pause pour mon lecteur quadragénaire qui commence à faire pipi souvent]

Continuant dans la prose élégante qui caractérise les rhétoriciennes gavées d'aspartame qui prennent un Coca Light avec leur Maxi Menu Giant, le petit texte nous explique que pour la deuxième année consécutive, une grande action Facebook est lancée pour sensibiliser...les hommes. Au cancer du sein.

[Deuxième pause pour permettre à mes lecteurs à la prostate défaillante d'aller se changer après s'être pissé dessus d'indignation].

Je voudrais bien qu'on m'explique l'utilité de sensibiliser les hommes à une pathologie qui ne les touche que dans 1% des cas. C'est pas comme si on n'avait pas nos propres pathologies sexospécifiques. C'est pas non plus comme si le cancer du sein était mal connu, mal dépisté et totalement incurable.

Honnêtement, qu'est-ce que vous voulez qu'on réponde à ce truc à part: « Va faire ta mammographie au lieu d'écrire des conneries sur Facebook »?

N'oublie pas de ramener des bières?

Connasse?

[Bon, les gars, je vais pas m'interrompre tout le temps. Je sais bien que ça fait peur, mais c'est jamais qu'un doigt dans le cul. Alors, on prend son téléphone et on prend rendez-vous pour se faire palper cette vilaine prostate.]

Et qu'on ne vienne pas me rabâcher les oreilles avec des arguments à la con, du genre: « Au moins ça sensibilise les hommes aux problèmes des femmes ». Parce que le cancer du sein, c'est pas un problème de femme: c'est un problème de femme occidentale.

Demandez aux femmes du Nord Kivu ou aux lesbiennes d'Afrique du Sud si elles stressent à l'idée passer leur prochaine mammographie, ça devrait les faire rire.

D'ailleurs, même en occident, n'y a-t-il pas d'autres problèmes liés à la condition féminine auxquels il faudrait sensibiliser les hommes? Des trucs sur lesquels ils ont prise. Des trucs pour lesquels ils ont une responsabilité: les inégalités salariales, les violences conjugales, les inégalités en termes de santé, le harcèlement, la réification du corps féminin, la discrimination à l'embauche, j'en passe et j'en oublie.

Au-delà de ça, même la tactique de sensibilisation est idiote. On ne sensibilise pas à quelque chose qui fait l'unanimité. Tout le monde est contre le cancer. C'est pas comme l'IVG, y' a pas de lobby pro-métastase à contrer.

Par contre, une action de conscientisation aux causes du cancer du sein, ce serait déjà un peu plus intéressant. Une campagne où on mettrait dans son statut Facebook les produits cancérigènes contenus dans l'arsenal de crèmes et cosmétiques dont s'enduisent les femmes pour coller à un canon de beauté défini par une société dominée par les hommes, dont elles ont (plus ou moins) intériorisé les valeurs, ça interpellerait un peu plus. Ça mettrait les hommes face à leur responsabilité, même inconsciente ou indirecte, dans cette pathologie féminine.

Et ça m'éviterait de me prendre un bide, parce que ma copine a mis « Sprite-Vodka » comme statut.

Pour terminer en beauté, une petite chanson progressiste:

jeudi 27 janvier 2011

Cassez-vous, pauvres cons

Je doute que mon coup de gueule du jour fasse l’unanimité. Mais après tout, quel est l’intérêt d’un coup de gueule universel pour clamer que la guerre c’est mal, qu’il faut soigner les lépreux ou que les chiens, ça pue. Me voilà donc en train de risquer de mettre au jour une divergence entre le propriétaire de ce blog (Niaco, le bruxellois aux origines vietnamiennes qui a roulé ses bosses sur à peu près tous les continents) et moi-même, l’invité honoris causa (AL, le parasite borain nomade et apatride, qui a aussi passé une partie de sa vie outre-Atlantique, avant de réclamer l’asile politique à Bruxelles pour finalement s’installer en Brabant wallon pour des raisons économiques mais qui n’écarte toujours pas l’idée de retourner vivre à New York). Vous me suivez ? Non ? Résumons : Niaco est Bruxellois, je suis Wallon.

Ce qui nous amène à une lecture parfois différente des événements. Parce que là où Niaco peut s’offusquer poliment des insultes de plus en plus régulièrement adressées au peuple wallon, comme on s’indignerait des conséquences pour la flore locale d’une inondation au Nord-Katanga, moi, de mon côté, j’accumule les humiliations proférées à notre égard comme autant de raisons de prouver enfin à ceux qui les répandent que les clichés du Wallon perdant ne sont rien d’autre que des clichés.
A force de ramasser des baffes, je me suis décidé à pousser le raisonnement un peu plus loin. Mais pourquoi ? Pourquoi nous considère-t-on comme des sous-Belges, des citoyens de seconde zone, accrochés comme des sangsues aux avantages d’une sécurité sociale en faillite, prompts à nous mettre en grève les veilles de jours fériés, incapables de commander notre pain dans la 2e langue nationale ou préférant profiter des allocations de chômage plutôt que de nous lever tôt (ou, dans mon cas, nous coucher tard) pour travailler ? Pourquoi ?

Pourquoi ? Parce que ce sont exactement ces clichés-là que martèlent depuis des années nos hommes politiques ! Ah bon ? Ces salauds de flamingants de la N-VA ? Non, pardi ! Ces salauds de pseudo-wallingants des partis francophones ! Suivez un peu (une fois) mon raisonnement. La moitié de la moitié nord du pays (ou en tout cas ses représentants élus) ne veut plus vraiment de nous. Ça a beau être choquant, c’est un fait : les riches ne veulent plus payer pour les pauvres. C’est dans l’air du temps. Les Allemands et les Italiens font pareil. Vive l’Europe.

Réaction en chœur de nos politiciens wallons : inacceptable ! Au nom de la sacro-sainte solidarité. Selon leurs dires, une séparation du pays – après, on peut discuter de la difficulté de couper un pays en deux – conduirait de facto à l’appauvrissement, voire la faillite de la Wallonie. Ce serait comme une sorte de fatalité. Non seulement, nous, les chômeurs et grévistes de la veille du week-end de Pâques, serions trop pauvres pour prendre en main notre destin sans l’argent des riches travailleurs courageux flamands. Mais de surcroît, nous serions trop cons pour renverser la tendance et transformer ce coup dur en formidable opportunité d’entamer enfin notre redressement. Pauvre et con, voilà le Wallon. L’innovation, très peu pour nous.

Tenir ce discours qui voudrait qu’une scission serait fatale à la Wallonie, c’est reconnaître implicitement l’incapacité de la classe politique wallonne à se remettre en question et à préparer notre belle région aux défis qui l’attendent… et donner raison aux thèses radicales flamandes souvent proche d’un racisme primaire nauséabond.

A y regarder de plus près, une plus grande autonomie wallonne (ne parlons même pas d’indépendance) pousserait nos réprésentants à réfléchir un peu plus loin et à trouver des solutions plus durables que, par exemple, accorder des énièmes subsides publics pour conserver les emplois dans le secteur de la sidérurgie. On sait ce que ça vaut : Arcelor Mittal aurait tort d’arrêter le chantage puisque ça marche. A chaque menace de mettre la clé sous le paillasson, les actionnaires récupèrent quelques centaines de millions d’euros de subvention pour maintenir quelques emplois précaires dans le bassin sidérurgique wallon. Mais qui peut croire encore dans l’avenir de la sidérurgie wallonne, vieillissante, chère et polluante, quand la main-d’œuvre des pays en voie de développement travaille plus longtemps pour moitié moins cher et peut se permettre de polluer beaucoup plus ? Il faut être politicien wallon pour être aveugle à ce point : on préfère financer à coups de deniers publics des emplois qui tiendront encore deux ou trois ans plutôt que de proposer à ces travailleurs de solides plans de reconversion dans des filières d’avenir pour la Wallonie, comme les énergies vertes, par exemple. Mais mes propos relèvent sans doute de l’inacceptable.

Autre exemple : le grand-prix de formule 1 de Francorchamps. Là aussi, la Wallonie dépense des cents et des mille pour conserver ce « modèle de dynamisme wallon ». Puisque des études universitaires ont démontré que le grand-prix n’apportait pratiquement rien en termes de retombées économiques pour la région, on agite maintenant le drapeau de « l’image » de la Wallonie à l’étranger. Ah, l’image ! Ce miracle de la communication moderne qui va nous amener les investisseurs par avions entiers à Bierset. Mais ouvrez les yeux, les gars ! Vous voulez savoir c’est quoi l’image de la Wallonie à l’étranger ? Je vais vous le dire moi. C’est Michel Daerden faisant le pitre à l’antenne après son huitième verre de Beaujolais. C’est ce même bouffon, ivre-mort, ridiculisant tout le pays lors d’une conférence de presse européenne sur le thème de l’avenir des pensions. C’est encore le même clown se vantant de ses exploits politico-médiatico-bibitifs chez Arthur. Quand le spectateur français rit de Michel Daerden, il rit de la Wallonie comme il rirait de la femme à barbe, d’un mangeur de sabres ou d’un mec capable de réciter l’alphabet en pétant. En gros, il se fout de notre gueule et il aurait tort de s’en priver.
L’image de la Wallonie à l’étranger, c’est le cirque.

Alors moi, je me surprends à rêver. Je rêve d’une Wallonie enfin confrontée à sa propre réalité. Une Wallonie qui ne peut plus se cacher derrière la « solidarité » et qui ose enfin se regarder dans le miroir. Une Wallonie qui prend conscience de l’urgence de s’attaquer enfin à son image désastreuse. Une Wallonie qui met enfin en place une véritable politique orientée vers l’avenir, une politique qui s’occupe des gens, d’éducation, de santé, d’emploi, d’environnement. Une Wallonie qui prend enfin la mesure de ses profonds dysfonctionnements : intercommunales à gogo, clientélisme, copinage, népotisme, conflits d’intérêts, etc. Une Wallonie qui deviendrait un exemple de la lutte contre toutes les fraudes. Allons déjà chercher l’argent là où il se cache : la fraude fiscale (et je vous entends déjà me traiter de gaucho) et la fraude sociale (et je vous entends déjà me traiter de facho). Une Wallonie qui ferait le ménage et se débarrasserait enfin de tous ces boulets qui s’expriment en son nom alors qu’ils ne représentent que les quelques abrutis qui les ont élus en échange d’une Carlsberg sur le marché dominical : Eerdekens, Van Cau, Lizin, Chastel, Henry, Collignon, Galant, les fils Ducarme, Antoine, Happart, Javaux, Arena, j’en passe et des meilleurs. Laurent Louis ? N’en parlons même pas. C’est un blog sérieux ici. Et les Daerden dans tout ça ? Les imaginer en prison, c’est plus qu’un désir, c’est carrément un rêve érotique. J’en craquerais mon slip, j’en déchirerais mon pyjama, j’en souillerais mes draps, j’en arroserais mes murs et mon plafond. J’en réveillerais mes voisins à hurler mon plaisir jusqu’à ce que mes cordes vocales sautent l’une après l’autre. Les Daerden en prison. Je serais prêt à assister tous les dimanches à la messe de Monseigneur Léonard si ça pouvait accélérer les procédures judiciaires. J’échangerais ma prostate contre leurs tronches derrière des barreaux.

Imaginez une Wallonie nettoyée de tous ces parasites ! Populo, démago ou poujadiste, moi ? Mais pas du tout. Il reste des tas de politiciens wallons en qui je conserve une entière confiance : Marcel Cheron chez Ecolo, Paul Magnette au PS, Melchior Wathelet Jr. au cdh. Et, j’avoue que j’ai dû me faire violence, mais même au MR, on pourrait imaginer que Christine Defraigne relève un peu le niveau des débats. En voilà quatre qui m’ont l’air extrêmement intelligent. Pourquoi ne pas les enfermer ensemble quelques semaines et les laisser réfléchir à notre avenir ? Interdisons-leur de fréquenter les marchés et bannissons-les des bistrots où l’on sert de la Carlsberg. Ce n’est plus vraiment la démocratie ? Et alors ? Qu’on m’apporte la tête de celui qui condamnerait une période transitoire qui s’assimilerait, disons… à une sorte de despotisme éclairé multipartite. C’est peut-être le prix à payer pour retrouver notre fierté.
Impossible ? Alors je me contenterai de rêver d’une Wallonie où les protagonistes politiques mettraient enfin leurs questions d’ego au second plan.

- Elio, j’aime pas ton nœud pap’ de tapette, mais on va quand même bosser ensemble pour créer de l’emploi.
- Tu as raison Didier, mettons-nous au travail. Au fait, c’est ton front qui a encore grandi ou c'est tes yeux qui ont glissé sur tes joues ?

Si vous êtes arrivé à tout lire jusqu’ici, peut-être en sautant l’un ou l’autre paragraphe, vous vous dites peut-être que j’ai succombé au séparatisme, que j’ai condamné la Belgique avant ces voyoux de Daerden, que j’ai pété un plomb, que je suis devenu Flamand. Pourtant, j’aime la Belgique, j’aime son côté un peu décalé, je me sens plus Belge que fondamentalement wallon. Dans un monde idéal, je préférerais que la Belgique reste unie parce que je reste attaché à ce pays. Et je continue à ressentir plus d’atomes crochus avec les Flamands qu’avec les Français. Et puis, j’ai beau être un sale fainéant de wallon, un parasite borain, un bon à rien, j’ai quand même créé ma propre entreprise… et je réalise 50% de mon chiffre d’affaires en Flandre. Alors même si ce n’était que par pur réflexe égoïste, je préférerais conserver ce pays tel qu’il est. Et me battre pour laver l’honneur de tous ces Wallons qui suent sang et eau pour se tenir droits.

Mais il y a un point sur lequel je ne céderai jamais : foutez-moi les Daerden en prison. C’est la seule revendication sur laquelle je ne plierai pas. Onbespreekbaar.